PRƒFACE AU RECUEIL DE TEXTES DE MELTZER :

Ç Donald MELTZER ˆ Paris È

Didier Houzel, Bianca Lechevalier

      Ce nĠest quĠavec le recul du temps et du travail de deuil que notre profonde gratitude ˆ lĠŽgard de Donald Meltzer a suscitŽ lĠinitiative de ce recueil. Dans le bain des premires rencontres dĠun groupe dĠanalystes dĠenfant avec un homme cherchant hors des sentiers battus la comprŽhension du non sens des angoisses psychotiques, lĠexpŽrience Žtait trop chargŽe dĠŽmotions pour pouvoir tre transmise par lĠŽcriture. Il nous semble maintenant quĠune mise en conte est possible de cette histoire commune qui donna naissance au Groupe dĠEtudes et de Recherche Psychanalytiques pour le dŽveloppement de lĠEnfant et du Nourrisson (GERPEN). Il fallait pour cela sĠaventurer hors des allŽes bien tracŽes dĠun jardin analytique connu. Il ne fallait pas craindre les coins dĠombre et se laisser aller ˆ rver avec Meltzer, rver un chant mŽtaphorique donnant ˆ penser lĠŽmotion en action. Ce nĠŽtait pas sans risque vis-ˆ-vis de la pensŽe officielle dĠalors. Nous pouvons tre reconnaissants ˆ James Gammill de nous avoir fait dŽcouvrir Donald Meltzer et de nous avoir initiŽs ˆ une pensŽe nomade. Celle de Meltzer sĠŽlaborait sous nos yeux au cours des week-ends o nous lĠŽcoutions articuler clinique et thŽorie dĠune manire qui Žtait pour nous toute nouvelle. CĠest ˆ lĠŽcoute des prŽsentations cliniques que nous lui faisions que nous avons vu sĠŽlaborer successivement Ç le dŽmantlement È, Ç lĠespace de la bouche È, Ç le conflit esthŽtique È, Ç le claustrum È, Ç le sadomasochisme et la tyrannie È.

         Alors laissez nous vous conter, avec nos mots dĠŽlves timides  mais reconnaissants, qui Žtait Donald Meltzer et ce que furent pour nous les rencontres inoubliables avec ce penseur de la psychanalyse, assurŽment lĠun des plus crŽatifs de la deuxime moitiŽ du 20me sicle.

Qui Žtait Donald Meltzer ?[1]

         Donald Meltzer Žtait nŽ le 15 aožt 1922 ˆ New York, de parents juifs ŽmigrŽs de LŽttonie. Il Žtait fort discret sur son enfance, son adolescence et de manire gŽnŽrale sur toute la partie de sa vie passŽe aux ƒtats-Unis dĠAmŽrique. Il nous dit un jour que New York Žtait un terrible endroit pour grandir (Ç A terrible place to grow up È). Il semblait, cependant, garder un souvenir heureux de son enfance et surtout de ses parents : le miracle de sa vie, disait-il, selon sa belle-fille Meg Harris Williams. Il leur Žtait profondŽment reconnaissant de leur Žducation libŽrale et permissive.

         Il fit dĠabord ses Žtudes ˆ lĠUniversitŽ de Yale pendant 4 ans en littŽrature, histoire et psychologie, avant des Žtudes de mŽdecine ˆ lĠUniversitŽ de New York. Il sĠorienta vers la psychiatrie et la pŽdopsychiatrie, ce qui Žtait rare ˆ lĠŽpoque. Il devint professeur de psychiatrie de lĠenfant ˆ lĠUniversitŽ de Washington et fonda un service ˆ lĠh™pital Saint Louis. Par hasard, il lut, pendant ses Žtudes de pŽdopsychiatrie, les Ïuvres de Melanie Klein. Cela le dŽtermina ˆ venir en Grande Bretagne pour recevoir une formation psychanalytique dĠorientation kleinienne. CĠest ce quĠil fit, aprs une premire analyse aux ƒtats-Unis.

Le service militaire Žtait redevenu obligatoire aux Etats Unis du fait de la guerre de CorŽe. Donald Meltzer entra dans lĠarmŽe en 1951 et prolongea son service militaire pour faire une formation psychanalytique ˆ Londres. Il y vint une premire fois ˆ lĠautomne 1953 pour des entretiens de sŽlection. Puis, il vint sĠy installer avec sa famille en juillet 1954. Il commena une analyse avec Melanie Klein en septembre 1954.

Du fait de ses Žtudes universitaires, Donald Meltzer fut sursitaire et, de ce fait, ne participa pas ˆ la seconde guerre mondiale.

Ë Londres, Donald Meltzer fit la connaissance de James Gammill ˆ qui Melanie Klein avait demandŽ de lĠaccueillir en tant que compatriote. Ils ont nouŽ entre eux des relations Žtroites. James Gammill lĠa aidŽ ˆ obtenir la prolongation de son service militaire ˆ Londres. Ils se rencontraient tous les jours ˆ lĠH™pital. Donald Meltzer a aidŽ James Gammill ˆ se former en psychiatrie. Ils ont participŽ ensemble ˆ des sŽminaires ˆ lĠInstitut de psychanalyse de Londres de 1954 ˆ 1957. James Gammill Žtait souvent invitŽ chez les Meltzer.

         Il est restŽ en Grande Bretagne qui est devenu son pays dĠadoption. Il rŽsida ˆ Londres jusquĠau milieu des annŽes 1980, puis il se retira ˆ Oxford o il mourut le 13 aožt 2004. Il aurait eu 82 ans deux jours plus tard.

         Son analyse avec Melanie Klein dura de 1954 ˆ 1960. Elle fut interrompue par la mort de son analyste. Melanie Klein lui avait recommandŽ, au cas o elle ne survivrait pas ˆ lĠopŽration du cancer quĠelle devait subir, de reprendre une analyse avec Wifred Bion, mais Meltzer refusa de se plier ˆ cette consigne.  

         Dans les annŽes 1960, il Žpousa en seconde noces Martha Harris. Le couple quĠil formait avec elle a laissŽ dans le souvenir de tous ceux qui lĠont connu une impression profonde. Martha Harris avait ŽtŽ formŽe ˆ la psychothŽrapie psychanalytique de lĠenfant et de lĠadolescent et ˆ lĠobservation des bŽbŽs par Esther Bick ˆ la Tavistock CLinic de Londres. Elle avait fait ensuite une formation en psychanalyse dĠadulte ˆ lĠInstitut de la SociŽtŽ Britannique de Psychanalyse. Nous lui devons la transmission dĠune Žcoute dĠune qualitŽ exceptionnelle, largement inspirŽe de la mŽthode dĠobservation des bŽbŽs dĠEsther Bick quĠelle nous a fait dŽcouvrir. Elle apportait ˆ Meltzer un soutien tendre et attentionnŽ qui semblait le dŽgager des soucis de la vie quotidienne et lui libŽrer lĠesprit au profit de sa crŽativitŽ. Elle Žtait capable, ˆ lĠoccasion, de modŽrer ses excs et de tempŽrer ce quĠil y avait parfois de trop ironique dans ses commentaires. Ils offraient tous deux lĠimage dĠun couple ŽquilibrŽ, harmonieux et dĠune profonde gŽnŽrositŽ.

         Un dramatique accident devait mettre fin ˆ ce bonheur. Un soir de lĠŽtŽ 1984, ils revenaient dĠItalie o ils possŽdaient une maison, ils traversaient les Alpes franaises  et ils avaient dŽcidŽ de sĠarrter pour d”ner et dormir dans un h™tel-restaurant proche de Brianon. Martha Harris jugea que lĠh™tel nĠŽtait pas idŽal pour leur Žtape et ils dŽcidrent aprs leur d”ner de reprendre la route et dĠen chercher un autre. Donald Meltzer sĠendormit au volant. Martha Harris fut ŽjectŽe et sombra dans un coma qui devait durer plusieurs semaines. Sortie du coma, elle souffrit dĠun syndrome neurologique complexe et trs handicapant. Donald Meltzer la soigna avec un dŽvouement exemplaire pendant les deux annŽes qui lui restait ˆ vivre avant son dŽcs en novembre 1986. Cette tragŽdie assombrit considŽrablement les vingt dernires annŽes de la vie de Meltzer. Mme sĠil nĠen disait rien, on le sentait habitŽ par une douleur secrte.    

Une rencontre inoubliable

         Sans doute les circonstances ont-elles jouŽ leur r™le dans notre rencontre avec Donald Meltzer. Toutefois, au-delˆ du hasard des rencontres, nous pensons que jouent des affinitŽs, des attentes, en un mot des dŽsirs qui tirent parti de ces circonstances pour leur donner la signification dĠune transmission vivante.

         La toute premire circonstance a ŽtŽ la rencontre ˆ Londres dans les annŽes 1950 de Donald Meltzer avec James Gammill, dont nous avons parlŽ plus haut. James Gammill vint sĠinstaller ˆ Paris en 1966 o il dŽveloppa peu ˆ peu un enseignement centrŽ sur lĠhŽritage de Melanie Klein, alors peu et mal connue dans notre pays. Gammill joua un r™le essentiel pour nous faire conna”tre non seulement la pensŽe de Meltzer, mais aussi celle des auteurs post-kleiniens, Wilfred Bion, Esther Bick, France Tustin.

         Une autre circonstance fut la rencontre de Jean BŽgoin avec Donald Meltzer ˆ Genve en fŽvrier 1966 ˆ lĠoccasion dĠun sŽminaire, aprs quoi Meltzer et sa femme vinrent rendre visite ˆ James Gammill ˆ Paris, visite suivie dĠun sŽjour en 1971 dans la maison de campagne que James Gammill avait acquise dans les environs de Ch‰teaudun. En 1973, Donald Meltzer fit une communication dans un congrs international ˆ Paris et James Gammill en profita pour lui prŽsenter Genevive Haag. Les Meltzer sŽjournrent ensuite chez James Gammill  et cĠest au cours de ce sŽjour que fut envisager dĠorganiser des sŽminaires ˆ Paris, avec Donald Meltzer et Martha Harris..

         Une troisime circonstance fut le sŽminaire organisŽ par Genevive Haag autour de James Gammill au dŽbut des annŽes 1970 ˆ Paris, sŽminaire qui rŽunissait des analystes tous passionnŽs par lĠanalyse des enfants et notamment des syndromes les plus sŽvres que lĠon observe dans lĠenfance, psychoses infantiles, autisme, Žtats limites.

         Dans lĠhiver 1974 eut lieu le premier de ces sdŽminaires. La rŽunion sĠest tenue au domicile des BŽgoin. Nous Žtions une petite trentaine, tous intŽressŽs par lĠanalyse dĠenfant. Elle nous a laissŽ une impression profonde : Meltzer nous donnait le sentiment de dŽrouler, ˆ lĠŽcoute du matŽriel dĠanalyse qui lui Žtait prŽsentŽ, une pensŽe extraordinairement crŽatrice. Nous entendions lˆ un discours psychanalytique totalement nouveau et merveilleusement rafra”chissant pour nous. Il Žcoutait le matŽriel avec une attention sans faille, le plus souvent les yeux fermŽs, centrŽ sur ses propres associations. Puis venait le moment de son commentaire, toujours surprenant, jamais plaquŽ, au plus prs de la clinique et en mme temps dĠune haute portŽe thŽorique. Nous avions acquis la certitude quĠil Žtait possible dĠallier la psychanalyse avec la rigueur de la mŽthode et la crŽativitŽ de la pensŽe. Ë la fin de ce week-end mŽmorable, Donald Meltzer nous dit avec humour quĠil suffirait de le siffler pour quĠil revienne aussit™t. Nous ne lĠavons pas sifflŽ, mais nous lĠavons invitŽ ˆ nouveau.

         Il est revenu jusquĠˆ trois fois par an, toujours de bonne gr‰ce et accompagnŽ de Martha Harris tant que sa santŽ le lui a permis. Le succs de nos rencontres est allŽ en grandissant. Il a fallu dŽplacer nos rŽunions dĠabord dans un salon de lĠh™tel California, puis dans un amphithŽ‰tre  de lĠh™pital Bichat, enfin dans une salle louŽe ˆ grand frais. CĠest la gestion de ces week-ends, dont Meltzer avait ŽtŽ lĠinitiateur et qui en restait le confŽrencier rŽgulier, qui nous a amenŽs ˆ nous organiser en 1983 en une association rŽgie par la loi de 1901. Il faut rendre hommage ˆ Anik Maufras du Chatellier qui pendant toutes les annŽes qui sŽparent 1974 de 1983 a acceptŽ de gŽrer ˆ elle toute seule le budget de nos week-ends scientifiques. Nous sommes Žgalement trs reconnaissants ˆ lĠŽgard de Florence Guignard et de David Alcorn pour la qualitŽ de leur traduction (Meltzer ne parlait pas franais), toujours au plus prs de la pensŽe psychanalytique et de lĠexpression poŽtique de Donald Meltzer.

         Enfin, le relai Žtait assurŽ, le GERPEN Žtait nŽ. Il a fallu lui donner un objectif gŽnŽral, au-delˆ des invitations au couple Meltzer-Martha Harris. LĠinspiration pour cela nĠa pas ŽtŽ longue ˆ venir : avec lĠenseignement de Meltzer nous avions ouvert une brche dans le nationalisme psychanalytique qui sŽvit en France depuis les origines et qui sĠest trouvŽ renforcŽ par les positions arrogantes de Jacques Lacan et de ses Žlves. Nous dŽcouvrions et faisions dŽcouvrir que la psychanalyse existait hors de lĠHexagone et quĠelle ne sĠy rŽsumait pas ˆ la seul Ego Psychoanalysis tant dŽcriŽe par Lacan. Le but du GERPEN Žtait tout tracŽ : faire conna”tre aux analystes et psychothŽrapeutes franais des auteurs Žtrangers qui nous paraissaient particulirement crŽatifs, notamment dans le champ de la psychanalyse de lĠenfant et de lĠadolescent. Ë c™tŽ des week-ends avec Donald Meltzer, nous en avons organisŽ avec Herbert Rosenfeld, Frances Tustin, Lore Schacht, Yolanda Gampel ; plus rŽcemment avec David Rosenfeld, Antonino Ferro, Stefano Bolognini, Maria Rhode, etc. Maintenant que Donald Meltzer nous a quittŽ, la vocation et lĠambition du GERPEN restent les mmes.

         Ds sa fondation, le GERPEN a ŽditŽ un Bulletin qui donne par Žcrit le contenu des sŽminaires scientifiques. Pour des raisons circonstancielles, cĠest ˆ Caen que la gestion de ce Bulletin a ŽtŽ localisŽe, avec David Alcorn comme cheville ouvrire et Bianca Lechevalier comme gardienne des archives, cela jusquĠau dŽbut des annŽes 1990 o lĠŽquipe de Caen sĠest autonomisŽe pour dŽmarrer une formation en psychothŽrapie psychanalytique de lĠenfant. Jacques TouzŽ assure depuis le relai de la gestion de ce Bulletin.

         Les textes qui sont ici prŽsentŽs sont issus des Bulletins que le GERPEN a ŽditŽ depuis 1983 et qui ont ŽtŽ strictement rŽservŽs aux participants ˆ ses week-ends scientifiques. Extraire de ces bulletins les contributions de Donald Meltzer nous a paru un devoir urgent pour transmettre aux nouvelles gŽnŽrations dĠanalystes lĠenseignement de celui que nous considŽrons comme lĠun des psychanalystes les plus crŽatifs de la deuxime moitiŽ du 20me sicle. Jacques TouzŽ, fidle gardien de nos archives, sĠest acquittŽ de la t‰che de rŽunir ces textes  et dĠy apporter les quelques corrections nŽcessaires. Tant™t il sĠagit de brves confŽrences de Donald Meltzer quĠil improvisait sur un thme que lui avait inspirŽ le matŽriel qui lui Žtait prŽsentŽ ou qui correspondait ˆ ses recherches du moment – tant™t il sĠagit des prŽsentations clinique qui ont ŽtŽ donnŽes lors des week-ends quĠil animait et quĠil commentait ˆ mesure. Ainsi, dĠun week-end ˆ lĠautre, dĠune prŽsentation ˆ lĠautre, nous suivions lĠŽlaboration dĠune pensŽe, toujours innovante, parfois inattendue.

         Le rythme de nos week-ends scientifiques avec Donald Meltzer est allŽ peu ˆ peu en se ralentissant. Ë partir des annŽes 1990, il nĠest plus venu quĠune fois par an. Sa dernire visite remonte au mois de mai 2002.

LĠÏuvre de Donal Meltzer

         LĠÏuvre Žcrite de Donald Meltzer est considŽrable. Son tout premier livre Ç The psycho-analytical process È, paru en 1967, a ŽtŽ traduit par Jean BŽgoin avec la collaboration de Florence Guignard et publiŽ aux Žditions Payot en 1971. Cet ouvrage a profondŽment  renouvelŽ la conception du processus psychanalytique dont Meltzer propose un modle que lĠon peut qualifier de fractal, du  nom donnŽ par le mathŽmaticien Mandelbrot aux objets et ensemble fractals qui se caractŽrisent par une Žquivalence dĠŽchelle, cĠest-ˆ-dire que quelle que soit lĠŽchelle ˆ laquelle on observe un phŽnomne, on dŽcouvre un dŽroulement similaire. Meltzer dŽcrit la sŽance dĠanalyse, la semaine (cinq sŽances par semaine selon la tradition britannique), lĠannŽe, lĠanalyse toute entire comme obŽissant ˆ un dŽroulement similaire, avec un gain constant en stabilitŽ jusquĠˆ la fin de lĠanalyse. Les cinq Žtapes de ce processus, ˆ quelle quĠŽchelle quĠon lĠobserve, sont les suivantes : le rassemblement des ŽlŽments du transfert, le tri des confusions gŽographiques, le tri des confusions de zones, le seuil de la position dŽpressive, le processus de sevrage. Il est important de souligner quĠil prend comme modle du processus analytique ce qui se passe dans lĠanalyse de lĠenfant, plus dŽgagŽe des effets de mode et des dŽfenses intellectuelles que la psychanalyse  de lĠadulte.

         Le deuxime ouvrage de Meltzer Ç Sexual States of Mind È a ŽtŽ publiŽ en 1972. Il a ŽtŽ traduit par Jean et Florence BŽgoin en 1977 sous le tritre Ç Les structures sexuels de la vie psychique È. Cet ouvrage complexe dŽveloppe des idŽes originales sur la maturation psycho-sexuelle et les impasses auxquelles elle peut aboutir, en particulier les perversions. Il contient un article fondamental sur Ç Les rapports de la masturbation anale avec lĠidentification projective È. LĠauteur y dŽcrit le fantasme de lĠenfant, laissŽ par sa mre et empli de rage par cet abandon, dĠidentifier les seins de sa mre quĠil est en train de perdre avec ses fesses (elle lui tourne le dos), les fesses de sa mre avec ses propres fesses, et de pŽnŽtrer violemment cet espace anal de sa mre pour en possŽder lĠintŽrieur. CĠest un fantasme que lĠon retrouve, aussi bien chez lĠenfant que chez lĠadulte, concernant les parties cachŽes et secrtes du Self. La sexualitŽ infantile polymorphe est tout entire orientŽe vers le corps fantasmatique de la mre et ses contenus. Meltzer y distingue trois espaces dŽfinissant ce quĠil appelle Ç la gŽographie du corps maternel È : lĠespace de la tte et des seins, lieu dĠidŽalisation bŽatifique, mais au prix dĠun clivage des ŽlŽments destructeurs de la relation ˆ lĠobjet et au risque dĠun brusque renversement de lĠidŽalisation en persŽcution – lĠespace vaginal, lieu de plaisir et dĠexcitation sexuelle permanente – lĠespace anal, lieu de contr™le, de pouvoir, mais aussi dĠenfermement ˆ lĠorigine des angoisses claustrophobiques.

         En 1975, Meltzer a publiŽ un ouvrage collectif qui rend compte de recherches sur lĠautisme infantile menŽes depuis plusieurs annŽes dans un sŽminaire auquel participaient les co-auteurs de lĠouvrage : Ç Explorations in Autism È. Ce livre, essentiel pour la comprŽhension des mŽcanismes ˆ lĠÏuvre dans lĠautisme, a ŽtŽ traduit par Genevive et Michel Haag, LŽni Iselin, Annik Maufras du Chatellier et Gabrielle Naegler (Ç Explorations dans le monde lĠautisme È, publiŽ chez Payot en 1980). Meltzer y dŽcrit quelques uns des concepts les plus importants de sa pensŽe thŽorique : le dŽmantlement du Moi, la dimensionnalitŽ dans la relation dĠobjet, lĠidentification adhŽsive.

         En 1978, il a publiŽ sous le titre Ç Kleinian developments È, un sŽminaire quĠil avait conduit ˆ la Tavistock Clinic de Londres sur le dŽveloppement des thŽories psychanalytiques depuis Freud et Melanie Klein jusquĠˆ Bion. Ce livre a ŽtŽ traduit par Maurice Despinoy et Pierre Geissmann et publiŽ en 1984 par les Žditions Privat. Dans la premire partie, Meltzer suit les dŽveloppements de la pensŽe de Freud ˆ travers les textes cliniques du fondateur de la psychanalyse.  CĠest une constante dans son Ïuvre que cette insistance sur la dŽmarche qui consiste ˆ partir de la clinique pour remonter vers la thŽorie. Il estime, au contraire de bien des auteurs franais, que les textes de Freud qui sĠŽloignent de toute rŽfŽrence clinique sont de moindre importance. La seconde partie du livre est toute entire consacrŽe ˆ un commentaire de lĠouvrage de Melanie Klein Ç La psychanalyse dĠun enfant È (le cas Richard), paru en 1961. Meltzer lĠexamine semaine aprs semaine. Lˆ encore, il sĠagit dĠun Žcrit clinique qui sert dĠintroduction ˆ la thŽorie et non de pures spŽculations thŽoriques. La dernire partie de lĠouvrage est consacrŽe ˆ lĠÏuvre de Bion. Nous avons signalŽ plus haut que Meltzer avait refuser de reprendre une analyse avec Bion aprs la mort de Melanie Klein. Il semble que cela lĠait empchŽ, pendant plusieurs annŽes de sĠintŽressŽ de prs ˆ lĠÏuvre de son a”nŽ. Le sŽminaire quĠil a conduit sur la pensŽe de Bion pendant lĠannŽe 1976-77 semble avoir marquŽ un tournant qui lui a permis de se familiariser avec cette pensŽe qui va prendre de plus en plus de place dans son Žlaboration personnelle, aussi bien sur un plan thŽorique que sur un plan pratique.

         LĠouvrage suivant porte sur le rve, Ç Dream Life È, publiŽ en 1984, il a ŽtŽ traduit en franais et ŽditŽ par Claude Legrand aux Žditions CŽsura en 1993. Meltzer y dŽfend le point de vue selon lequel le rve a une authentique puissance de crŽativitŽ psychique, ce qui dŽmarque sa position de la premire thŽorisation de Freud qui soutenait que le rve nĠavait pas dĠautre but que dĠtre le gardien du sommeil. Pour Meltzer, cĠest le sommeil qui deviendrait gardien du rve. Aprs 1920, il faut remarquer que Freud, avec lĠintroduction de la pulsion de mort et de lĠautomatisme de rŽpŽtition, propose une autre thŽorisation que lĠaccomplissement du dŽsir. Il suppose une fonction de liaison, notamment pour une Žnergie psychique surabondante dans les cauchemars post-traumatiques. Angel Garma[2] continuera ˆ Žlaborer cette fonction anti-traumatique, endiguant la destructivitŽ et intŽgrant lĠŽmotion dans un processus de pensŽe, comme le dŽveloppera W. R. Bion (1962). Il sĠinscrit en faux contre une idŽe rŽpandue dans les milieux psychanalytique selon laquelle rien, depuis la Traumdeutung, nĠest venu enrichir la thŽorie psychanalytique du rve. Enfin, il insiste, ˆ la suite de Bion, sur lĠhypothse selon laquelle lĠactivitŽ de rve ne serait pas uniquement nocturne mais aussi diurne et quĠelle serait indispensable ˆ la pensŽe.

         Ç Studies in extended metapsychology È, publiŽ en 1986, a ŽtŽ traduit en franais par David Alcorn, traduction qui est parue en 2006 aux Žditions du Hublot (Larmor Plage) sous le titre Ç ƒtudes pour une mŽtapsychologie Žlargie È. LĠinfluence de la pensŽe de Bion sĠy fait nettement sentir. Meltzer lĠannonce clairement dans lĠintroduction. Il a cherchŽ ˆ rendre compte de la faon dont les idŽes de Bion sont entrŽes dans sa pratique psychanalytique.

         Ç The Apprehension of Beauty È, Žcrit en collaboration avec sa belle-fille Meg Harris Williams, a ŽtŽ publiŽ en 1988. LĠouvrage a ŽtŽ traduit par David Alcorn et ŽditŽ aux Žditions du Hublot en 2000. Cet ouvrage marque un tournant dans la pensŽe thŽorique de Donald Meltzer. Il y introduit de tout nouveaux concepts, ceux dĠobjet esthŽtique et de confit esthŽtique. Il nous semble nŽcessaire de prŽciser certains points pour donner toute sa valeur ˆ lĠintuition profonde sur les modes de relation du Self ˆ lĠobjet qui le guide dans sa nouvelle thŽorisation. Une premire question se pose : quelle est la nature exacte de ce qui est qualifiŽ ici dĠesthŽtique, aussi bien pour lĠobjet que pour le conflit ? Sans doute ce qualificatif renvoie-t-il ˆ une dimension dynamique. LĠobjet ne serait pas seulement esthŽtique dans le sens courant du terme, il serait aussi douŽ dĠune force dĠattraction qui le ferait investir prŽfŽrentiellement ˆ tout autre. Le conflit qui en rŽsulte serait liŽ ˆ la violence de cette attraction qui, par son excs mme menacerait la cohŽrence du Self. La seconde question porte sur lĠinversion des positions kleiniennes que propose Meltzer comme consŽquence de la rŽsolution du conflit esthŽtique : il situe, en effet, une position dŽpressive primaire archa•que comme antŽrieure ˆ la position schizo-parano•de. Mais, la dŽpression primaire dont il parle, liŽe ˆ lĠincapacitŽ de lĠenfant ˆ rŽsoudre lĠŽnigme qui porte sur les qualitŽs internes de lĠobjet, est-elle la mme que la position dŽpressive dŽcrite par Melanie Klein ? Faut-il envisager une dialectique ˆ trois temps et non plus ˆ deux : une dŽpression primaire due au conflit esthŽtique, une position schizo-parano•de permettant dĠŽchapper ˆ la souffrance de cette dŽpression primaire, la position dŽpressive centrale de Melanie Klein qui renvoie ˆ une toute nouvelle complexitŽ de la relation ˆ lĠobjet et du fonctionnement psychique, prŽalable nŽcessaire ˆ lĠactivitŽ de rŽparation et ˆ la formation du symbole.

         Pour Meltzer, le conflit esthŽtique peut tre rŽactualisŽ dans les crises de la vie. Ainsi, ˆ lĠadolescence, avec les transformations corporelles et Žmotionnelles, de pseudo-identifications dans lĠadhŽsivitŽ sont frŽquentes pour lutter contre les angoisses existentielles. Le but de ces identifications adhŽsives est de gommer les diffŽrenciations, dĠaplanir les conflits et, surtout, dĠŽviter toute souffrance liŽe ˆ lĠapprŽhension de la VŽritŽ et de la BeautŽ. Cette conflictualitŽ ne sĠintrique-t-elle pas avec une nouvelle Ždition, au sens donnŽ par James Gammill[3], de la position dŽpressive ?

         CĠest au cours dĠun week-end du GERPEN que Donald Meltzer a donnŽ la primeur de ce nouveau modle mŽtapsychologique qui lui a servi de base pour rendre compte des pathologies mentales les plus archa•ques, autisme et psychoses infantiles. Nous avons en mŽmoire la phrase quĠil prtait au bŽbŽ en nous dŽcrivant lĠenfant assailli ds sa naissance par un excs de stimulations venant de lĠextŽrieur de lĠobjet esthŽtique, le sein maternel, mais dŽpourvu de possibilitŽ de savoir ce qui se dissimulait ˆ lĠintŽrieur de lĠobjet : Ç Est-ce que cĠest aussi beau ˆ lĠintŽrieur ? È On a pu parler dĠidŽalisation platonicienne au sujet de ce nouveau modle. Remarquons, cependant, que la BeautŽ suscite toujours une interrogation sur son inverse tapi dans lĠombre. Par ailleurs, la beautŽ, si elle est sensuelle, sensorielle, enracinŽe dans le corps, est aussi, nous lĠavons dit, une dynamique de liaisons mouvantes, transformant lĠŽmotion en Žbauches de pensŽe. CĠest aussi la richesse de la polysŽmie symbolisante qui fait la beautŽ du rve. Cette polysŽmie donne une polyphonie de sens ˆ lĠŽmotion. Mauro Mancia[4], psychanalyste et neuropsychologue italien trop t™t disparu, que nous avions invitŽ au GERPEN lors dĠun hommage rendu ˆ Donald Meltzer, inclut le rve dans les processus de langage, dans une proximitŽ de pensŽe avec Meltzer, comme langage intŽrieur poŽtique.

         Dans son livre Ç RŽtrospective È, ŽlaborŽ comme un conte ˆ partir du tableau de la CharitŽ Romaine[5], Avraham Yehoshua[6] Žcrit : Ç Par lĠart, lĠhumiliation se mŽtamorphose en beautŽ, et une situation repoussante revt des significations multiples È. Le tableau, auquel sĠŽtait beaucoup intŽressŽ Michel SoulŽ, reprŽsente un vieillard encha”nŽ en prison, condamnŽ ˆ mourir de faim. Il survit gr‰ce ˆ sa fille. Celle-ci, qui vient dĠaccoucher, lĠallaite du mme lait que celui dont elle nourrit son bŽbŽ. La beautŽ dans le sordide, selon le commentaire de Yehoshua, est liŽe ˆ lĠŽmotion des multiples sentiments suscitŽs[7]. Nous sommes lˆ loin de Platon et plus prs de Beaudelaire. LĠÏuvre de Meltzer sĠinscrit dans une double acception scientifique et poŽtique.

         CĠest encore au cours dĠun week-end GERPEN que nous avons vu et entendu Meltzer Žlaborer sa conception de Ç lĠespace de la bouche È. LĠespace de lĠoralitŽ, espace de la bouche, vidŽ de la nourriture fluide lactŽe avec le sevrage, devient pour Meltzer (1988) un volume tridimensionnel o sĠorigine le ThŽ‰tre intŽrieur de la vie psychique. Les premires Žbauches de la pensŽe symbolique, avec les premires reprŽsentations des personnages de ce thŽ‰tre inscrits dans le jeu des lvres, des dents, de la langue, intgrent corps et Žmotion. LĠespace de la narration du rve, comme du conte dĠo sĠinitie son rŽcit, nous nourrit dĠimages chargŽes dĠaffects. CĠest dans cet espace, entre lĠintŽrieur et lĠextŽrieur, que sĠorigine une pensŽe symbolique inscrite dans les prŽperceptions corporelles chargŽes dĠŽmotions, dont la voix.

         En 1992, Donald Meltzer a publiŽ Ç The Claustrum. An investigation of claustrophobic phenomena È, livre qui a ŽtŽ traduit par David Alcorn et Anne Golse et ŽditŽ en 1999 sous le titre Ç Le claustrum, une exploration des phŽnomnes claustrophobiques È (ƒditions du Hublot). Il est lĠaboutissement de lĠun des aspects que Donald Meltzer a le plus approfondi dans lÔexploration psychanalytique du psychisme, ce quĠil appelle la Ç dimension gŽographique de lĠappareil psychique È. Une des caractŽristiques les plus claires de sa pensŽe est la reprŽsentation visuelle et spatiale quĠil se fait du monde psychique. Nous avons dŽjˆ citŽ sa description des trois espaces du corps maternel. Dans cet ouvrage, il nous montre comment, par un mŽcanisme dĠidentification projective, le Self peut se trouver projetŽ en tout ou en partie dans tel ou tel de ces espaces et sĠy trouver enfermŽ. CĠest, en particulier, le cas pour lĠidentification projective dans lĠespace anal de la mre associŽ ˆ des fantasmes et souvent ˆ des pratiques de masturbation anale. Le Self  pŽntre en force dans cet espace, par un mŽcanisme que Meltzer appelle Ç identification intrusive È, pour prendre possession de lĠobjet de manire toute puissante, mais il se trouve enfermŽ dans lĠespace anal ainsi conquis et entourŽ dĠobjets dŽgradŽs et menaants. Dans cet espace il est en proie ˆ des accusations culpabilisantes rŽciproques avec lĠobjet. CĠest un tel fantasme qui sous-tend les angoisses claustrophobiques. Lors d'un sŽminaire du GERPEN Meltzer a clarifiŽ les diffŽrences entre deux modes de relations sadomasochistes et tyrannie. La premire est faite d'intrusion anale dŽtruisant les bŽbŽs imaginaires de l'Objet. La deuxime peut concerner des RŽgimes Totalitaires : l'intrusion se fait ˆ l'insu de l'Objet attaquŽ et cherche ˆ dŽtruire ses bons objets internes et ainsi le plonger dans le dŽsespoir.

         Un dernier ouvrage publiŽ du vivant en 1994de Donald Meltzer, Ç Sincerity and other works È, nĠest pas encore traduit en franais. Il sĠagit dĠun recueil dĠarticles, dont le premier date de 1955 et le dernier de 1989. Deux des textes publiŽ dans ce livre existent cependant en franais, lĠun intitulŽ Ç Le processus psychanalytique 20 ans aprs È, rŽdigŽ 20 aprs son livre Ç Le processus psychanalytique È, a ŽtŽ publiŽ dans le Ç Journal de la psychanalyse de lĠenfant È en 1986 ; lĠautre texte intitulŽ Ç Un modle psychanalytique de lĠenfant dans sa famille dans la communautŽ È, Žcrit en collaboration avec Martha Harris en 1976, a ŽtŽ traduit par David Alcorn et publiŽ aux ƒditions du Collge en 2004.         

         Enfin, en 2011 est paru Ç Adolescence. Talks and Papers È, recueil de textes de Martha Harris et de Donald Meltzer, issus essentiellement de sŽminaires donnŽs en Italie et dŽjˆ publiŽs en italien dans Ç Quaderni in psicoterapia infantile ou dans Ç Adolescentes È. Le tout  dernier texte de ce recueil Ç Adolescence : after the hurricane – a newspaper report È date de 2002. Il sĠagit dĠun texte inachevŽ mais particulirement Žmouvant dans lequel Meltzer dŽcrit, dans son langage poŽtique, les turbulences de lĠadolescence et compare le monde politique ˆ la communautŽ adolescente.  En contre-point il nous dŽpeint la situation analytique comme le dŽveloppement dĠune coopŽration  honnte et sincre entre les deux partenaires de la scne analytique permettant de  faire fi des ou•-dire, des commŽrages et des croyances qui se rŽclament de la raison pour aller vers lĠintime conviction : Ç ÉlĠultime critre dĠune vraie sagesse est un acte dĠamour qui mne ˆ la beautŽ accomplie – dans sa forme ultime, la poŽsie. È[8]  Ultime testament dĠun psychanalyste pour qui le travail analytique Žtait un acte dĠamour conduisant ˆ la VŽritŽ et ˆ la BeautŽ.     

Conclusion

         En terminant ce parcours dans lĠÏuvre de Donald Meltzer et tout le long de lĠhistoire que  nous avons partagŽe avec lui, nous revient en mŽmoire ce passage du Livre de la Gense dans lequel NoŽ, enivrŽ ˆ la sortie du dŽluge et de lĠenfermement dans lĠArche, bŽnit ses fils, Shem (le Nom) et Japhet (la BeautŽ), qui nĠavaient pas tournŽ en dŽrision sa nuditŽ dans le dŽsordre de lĠivresse et qui lĠavaient couvert dĠun voile. Il leur souhaitait, selon une traduction possible du texte hŽbreux : Ç Que la BeautŽ (Japhet) se dilate dans les tentes du Nom  (Shem) È. CĠest cette expŽrience dĠun espace de recherche de BeautŽ et de VŽritŽ dans la qute minutieuse de sens que nous avons partagŽe gr‰ce ˆ Donald Meltzer. Au dŽsespoir de la destruction du sens dans les processus dŽsintŽgrateurs se rŽpercutant dans les angoisses du dŽbut de la vie, rŽpond la beautŽ du voile mŽtaphorique que Donald Meltzer nous aide ˆ tisser. Nous espŽrons avec ce recueil de textes issus des sŽminaires du GERPEN transmettre au lecteur le plaisir et le gožt dĠune telle expŽrience.



[1] Nous remercions vivement James Gammill de nous avoir livrer ses souvenirs personnels sur ses rencontres avec Donald Meltzer.

[2]  Garma A. (1948), Le rve : traumatisme et hallucinations, Paris, PUF, 1981

[3]  Gammill J. ( (1998), ƒditions successives de la position dŽpressive tout au long de la vie, confŽrence au GERPEN publiŽe In La position dŽpressive au service de la vie, Paris, In Press, 2011 (2me~dition)

[4]  Mancia M. (2005), Le rve dans la pensŽe de Donald Meltzer, Bulletin du GERPEN, Hommage ˆ Donald Meltzer, 19 et 20 novembre 2005

[5] Le tableau le plus cŽlbre sur ce thme est de Rubens, plusieurs peintre ont traitŽ le mme thme.

[6] Yehoshua A. (2012), RŽtrospective, Paris, Calmann-LŽvy- Grasset

[7]  Ë noter dans ce thme la problŽmatique de lĠinceste, du claustrum marquŽ par la culpabilitŽ et les forces de don du dŽbut de la vie.

[8]  Ç Éthe ultimate criterion of true reasonableness is a labour of love, and it results in the achievement of beauty – in its ultimate form, poetry.Ó, In Adolescence. Talks and Papers by Donald Meltzer and Martha Harris, London, Karnac, 2011, p. 229